Liberscribes/Awakening-Self-Alternative-Dimension

Entre deux vies, 4

Humanité


Elle était là, assise sur le sofa installé dans un coin de la vieille cabane. Elle n’avait pas encore remis ses vêtements. Il y avait encore de l’eau qui ruisselait le long de son corps.

Il était toujours à l’entrée. Il la fixait sans savoir par où commencer. Il repensait à tout ce que l’ancêtre lui avait dit. Il était sorti de nulle part et savait des choses sur le jeune apprenti et sa mission.

Tu viens t’asseoir avec moi?
–Dans un instant
-J’ai l’impression que quelque chose te tracasse, tu veux en parler ?
–Je voudrais bien mais je ne peux pas.
-Comment tu ne peux pas ?
–Tu sais bien.
-Non, je ne sais rien du tout. C’est tout simple, si tu tiens vraiment à en parler tu vas le faire.
–Tu ne comprends pas, j’essaye.
-C’est ça !
-Elle venait de se lever pour se couvrir le corps. Elle sortit ensuite et s’engagea le long du sentier qui menait vers la plage.
–Mais où est-ce que tu vas comme ça ?
-Quelque part où on a besoin de moi. Où on peut me parler.

Il avait le coeur déchiré. Elle savait le comprendre. Cette fois-ci c’était différent. Quelque chose n’allait pas. En avait-elle marre de toujours le comprendre ? Et pourtant elle le lui avait promis.

C’est bien un secret de la comédie qu’il ne l’avait pas crue mais il avait fait semblant pour lui faire plaisir. Il avait connu quelques-unes avant elle. C’était la même rengaine. Il ne pouvait pas leur confier certaines choses. Même s’il le voulait.

D’ailleurs l’ancêtre venait de le lui rappeler avant de disparaitre comme s’il n’avait jamais été là. Il avait su garder son calme pour ne pas l’alarmer. Peut-être aurait-il dû lui parler de l’ancêtre, qu’il avait discuté avec ce dernier alors qu’elle nageait toujours ?

Il imagina son regard ébahi et comprit que ce n’était pas une bonne idée. Il se posa sur un tronc d’arbre qui occupait un petit espace juste devant la cabane. Il avait besoin de cogiter.

Le soleil se laissait déjà mourir. Il n’avait plus que quelques rayons qui enchantaient l’horizon en mille couleurs. Il aimait ces moments. pouvoir regarder la nature changer de phases.

L’orage semblait avoir fait une pause. Il sentait le poids de la mission de l’apprenti. Il était connecté aux éléments et ne faisait qu’un seul être avec l’univers et les siens.

Un doux vent souffla dans sa direction emportant quelques feuilles qui se posèrent sur son visage. Il essaya de se débarrasser d’elles avec négligence.

Il laissa trainer une larme lourde et mélancolique de son oeil gauche. Ensuite une autre. Et une autre. Il réalisa que l’orage s’était déplacé et avait trouvé siège en lui. Il ne put s’empêcher de couler des larmes. De laisser l’orage prendre le contrôle. Pour le libérer.

Il eut la sensation morne que tout allait changer. Que l’orage allait durer et prendre plusieurs formes.

A plus l’humain,


Paterne Freeman Shadowriter, Entre deux vies, 4

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