“Vieillir” Liberscribes/Article/Vieillesse/

Et il s’assit et laissa couler sa plume, une fois de plus. Pour être. Pour se libérer. Lui le Scribe venu d’ailleurs. A cette pensée, il sourit car maintes fois il a été pris pour un fou. Il laisse le continuum Espace-temps répondre à cela.



Vieillir”

Et bientôt le Monarque trainera de longs cheveux blancs sur la tête. Une coupe telle celle des dieux. Ah, comme nous voyageons si rapidement au coeur du temps. le continuum solaire aura raison de nous. Et reprendra ensuite le circle, l’éternel recommencement. Jusqu’à l’illumination complète. Le réveil.

Qu’est-ce que je n’ai pas fait pour éviter de vieillir! J’ai même pris le risque de vivre et d’être moi. Sur toute la ligne. Et pourtant, je sens la racine des rides se loger au coeur de mon être.

Mais je garde le sourire. Il sait la combattre, la vieillesse. Cette petite menteuse sournoise qui nous fait croire que notre temps est bientôt fini. Je danserai encore sous la pluie. Mes cheveux blancs n’auront pas raison de moi.

Et quand j’aurai mes barbes blanches je n’en serai point étonné. Après tout ce ne sera pas la première fois, ni la dernière de toute évidence. Ce ne sera qu’un cycle de plus.

J’ai vu à quel point L’humain a peur de vieillir. C’est assez amusant quand on sait que c’est par simple peur de mourir. Comme si être se limitait à mourir.

Je me suis surpris aujourd’hui à me demander, ces rides qui s’installent aussi malicieusement, c’est quoi leur but? Qu’as tu déjà fait de tout ce que tu t’es promis pour cette aventure, pour ce voyage au coeur l’être ?

J’ai dernièrement la sensation morne que vieillir est une calamité. Probablement parce que j’ai observé un peu trop d’humains pleurnichards ces jours-ci. Ça déteint sur moi. Se laisser faire n’est pas une option.

Je dois l’avouer. J’aime les rides, témoins des rires et des peines. Témoins des années, des aventures, des hauts et des bas. Je les embrasserai le coeur gai. Une fois de plus.
L’éternel recommencement. Jusqu’au réveil.

Je veux juste un peu plus de temps. Je veux pouvoir finir la tâche, aider l’humain à embrasser le réveil. Le libérer de sa propre prison. Il n’y a jamais eu un temps défini pour cela. La tâche reste fastidieuse. L’humain a la tête dure et les dogmes ont réussi à rediriger sa boussole vers les abysses de l’amnésie.

De tout ce que j’ai appris sur la ligne, vieillir fait partie du voyage et c’est génial.

Là, Mary J. Blige chante, I’m going down… J’écoute. Je laisse les Lyrics me pénétrer. Comme d’habitude. Je peux faire le lien. J’ai aussi le chic pour écrire sombre.”



Il se leva ensuite, ferma la porte derrière lui et se dirigea vers le toit. Il avait besoin de se confier. D’envoyer un signal. Sentir la présence des éléments. Un nouveau cycle solaire. Ad Astra.




Paterne Freeman Shadowriter, Liberscribes.com



Photo Credit Clintin A.