Qui donc

A la lune, je lève ma coupe tant qu’elle est encore pleine
Je glisse sur le sentier lugubre de mes ressentiments
Évitant négligemment de me faire faucher par mes regrets.
J’avance sans état d’âme vers un horizon dépourvu de sens et de ses mille beautés.
Je m’interroge sur mes vies, mes choix, mes peurs et mes chagrins.
Je sens le doute prendre le contrôle sur ce que jadis fut une évidence.
Ma vie n’est pas qu’une simple ligne au coeur du grand livre de l’univers.
Mais qui donc suis en train d’essayer de convaincre,
Aussi désespérément, une coupe à la main, Contenance qui saoule l’esprit.
Je fixe à nouveau la lune, tout en évitant le regard de Cassiopée.
Je me torture déjà assez pour qu’elle en ajoute,
Elle qui si bien me connait, témoin et gardienne de mes moments.
Je grifonne, je scribouille, une page, deux,
Mon encrier me fixe, perplexe et accusateur
Se refusant de participer au meurtre de mon spectre.
Un suicide des plus déplaisants, évidemment.
Je saigne le papier en noir, des pensées l’inondent
Lugubres et envahissantes à une vitesse phénoménale.
Dans le miroir sur la véranda, un être me fixe intensément,
Il n’est pas moi je réalise tristement.
Alors une pensée me traverse, confusément maîtresse,
Partir ou rester ?

Paterne Freeman Shadowriter, Entre Deux Vies, Poetry Volume.

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