A un moment donné, on se demande si l’on a fait le bon choix. Parfois, nos choix ont des répercussions sur notre vie. On se demande si c’est nécessaire de forcer une relation juste pour vivre heureux. C’est vrai que je n’ai jamais été le petit ami parfait que Donna voulait. Elle méritait plus mais moi je n’étais pas du tout doué pour ça. À croire que je ne sais pas me débrouiller en ce qui concerne les sentiments. Je l’aimais pourtant et elle le savait. Même si je ne savais pas comment m’y prendre, je l’aimais réellement. Mais elle voulait que je le lui démontre, une chose que je suis incapable de faire. Je ne sais pas faire ces choses.

Je regarde Donna et je ne la reconnais plus. Elle avait totalement changé. Au début de notre relation, je le lui avais dit. Elle savait qu’avec moi les sentiments sont toute autre chose. Je ne sens pas les choses comme tous ces jeunes là dehors. Elle était d’accord et me disait qu’elle saurait gérer. J’avais bien peur pour elle vu tout ce que j’étais capable de faire même avec ma daronne.

Je ne supportais pas une autre présence à part celle de mes frangins parfois. C’était les seuls êtres avec qui je pouvais traîner sans m’ennuyer. Ma zone de confort ne me plaisait bien. Et là me mettre en couple, je savais que tout allait chambouler mais je voulais bien prendre ce risque et essayer une relation avec Donna.

C’est vrai, qui pourrait ne pas l’aimer ? Elle avait réussi et je me sentais prêt à essayer de partager ma vie de solitaire avec elle. Mon intention n’a jamais été de la blesser. Au contraire, j’ai toujours voulu qu’elle soit heureuse. Mais en ce moment, on se retrouve à un stade où on se demande s’il fallait continuer à se faire du mal où s’il fallait s’arrêter là pour éviter les souffrances afin que chacun puisse prendre son chemin. Elle a fini par choisir ce qu’elle croyait juste pour nous. Sans m’en parler elle avait fait son choix.

Depuis le tout début de notre relation, je ne m’étais jamais senti aussi vulnérable avec elle jusqu’à ce jour. Tout le monde le savait pourtant. Je n’étais pas le mec à être au petit soin. Je savais, elle avait mal mais elle le vivait en silence. Je ne pouvais rien faire. Je ne savais même pas comment m’y prendre. À plusieurs reprises, je l’ai surprise aux toilettes versant quelques gouttes de larmes sur ses maigres joues. Ça me fondait le cœur et je me sentais mal, chose que je ne devrais pas me permettre.

Même quand elle avait mal, elle ne me disait rien. Sûrement elle se disait que même si elle m’en parlait je ne pourrais rien faire pour elle. Et elle avait raison. Sur ce point je ne savais réellement pas quoi faire dans ces situations. Je sais que je n’ai jamais été là lorsqu’elle avait le plus besoin et d’ailleurs je suis nul à ce jeu. Elle me le sort plusieurs fois et j’avoue que parfois ça m’agace.

Même si je n’avais pas techniquement raison. Je me demandais ce que je foutais avec elle. Je n’ai jamais pu être comme tous ces mecs qui traînent là dehors avec un bouquet de fleurs en main et une grosse caisse et qui vont chercher leur petite amie pour un dîner aux chandelles. En preuve d’amour je ne suis vraiment pas le meilleur. Je me rappelle que pendant toute notre relation, je ne lui ai dit que je l’aimais qu’une seule fois. Une ou deux, je ne m’en souviens plus.

Je me rappelle la première fois, c’était quand elle avait réussi à avoir son diplôme de droit à la fac. Ce moment là, je m’en rappelle toujours. Je l’avais invitée chez moi. On s’était installés sur les marches de des escaliers de chez moi. On n’est restés là à discuter que pendant quelques minutes et on s’était séparés. J’avais des trucs à faire et je n’avais plus assez de temps.

Innocentia Houessou, Liberscribes

Photo Credit: DaHomie