A un ami qui s’accroche au passé

Cher Gourass mon vieil ami,

Au cours de la plupart de nos discussions, tu m’as trop souvent reproché d’avoir une dent contre les us et coutumes. A plusieurs reprises, j’ai essayé de m’expliquer afin de clarifier les points d’ombre mais tu semblais si convaincu d’avoir tout compris.

J’ai donc pris la décision de t’adresser un billet afin de te permettre de lire ma part de vérité face à la question.
Il est important que tu saches que je suis de ceux qui utilisent parfois les fondements des vieux bâtiments pour en construire de nouveaux seulement quand ces fondements sont solides et nécessaires.

Mais lorsque le fondement est jugé caduc, je suis aussi de ceux qui savent tout raser pour établir quelque chose de nouveau afin de faire face aux défis de notre temps.

Mon cher ami, à la base, la tradition est transmise d’une génération à une autre par souci de pérennisation de certaines valeurs ; ce que je trouve bien noble.

Cependant, ce que j’ai du mal à avaler est le dangereux comportement qui est le nôtre face à la question des traditions. Notre suivisme sans égal nous a écartés de notre bon sens et de notre habileté à chercher à comprendre le fondement des choses.

Cela m’inflige une profonde tristesse. Car, vois-tu ?
Certaines traditions sont comme un remède contre une épidémie. Tant que le virus n’a pas muté, tout va bien. Le remède se révèle crucial et vital. Il reste alors d’actualité mais dès lors que le virus subit une mutation, le remède doit aussi subir des modifications pour faire face à la nouvelle menace. Quand le remède ne marche plus, un autre est créé tout simplement pour éradiquer l’épidémie.

Nous ne pouvons pas continuer à nous accrocher à certaines traditions sous le simple prétexte de pérenniser des valeurs et refuser d’aller de l’avant. C’est le plus grand crime que nous pourrions commettre contre notre génération.

Les réalités changent, les traditions évoluent. Ouvrons nos esprits. C’est ainsi que nous survivrons à l’histoire.
Il est noble de respecter les traditions mais il est encore plus sage de se poser des questions sur le bien-fondé de certaines traditions qui sont les nôtres. Nous ne pouvons pas nous accrocher aux solutions du passé pour faire face aux défis du présent. Cela ne marche pas dans tous les cas.

Avant de suivre une tradition de façon aveugle, pose-toi les questions : Sur quelles bases a-t-elle été instaurée dans un premier temps ? Sommes-nous face aux mêmes réalités ? Pouvons-nous faire mieux ? Et si le virus avait déjà muté ? Aie l’audace de réfléchir mon cher ami. Cela libère l’esprit.
Bien de choses à toi compagnon.
Ton pote qui prend le risque de penser,

Paterne Freeman Shadowriter, Liberscribes