Ceux pour qui l’écriture est une rédemption ont souvent tendance à ne plus pouvoir s’en passer. Toute leur vie en dépend. Ils n’écrivent ni pour plaire ni pour se faire du gain. Encore moins pour se faire une réputation.

Pour eux, c’est la raison d’être. Et quand on me demande parfois pourquoi j’écris, j’ai souvent tendance à répondre que c’est parce qu’il faut que je vive tout en sachant que peu de personnes pourraient vraiment me comprendre.

Il y en a qui deviennent écrivain par la force des choses ou pour se faire un nom, des gains. Ce sont eux qui peuvent arrêter d’écrire quand ils le veulent et continuer à vivre comme si de rien n’était.

Quant aux autres qui sont nés pour, ce n’est qu’en écrivant qu’ils peuvent avoir un semblant de normalité dans leur vie. Et même s’ils le voulaient, ils ne pourraient jamais arrêter d’écrire aussi longtemps qu’ils vivront. Dans cette enveloppe. Pour ces derniers, il faut écrire pour être. Alors pour être, j’écris. Scribo ergo sum.

J’écris tes peines, mes peurs, tes envies, ma hantise. J’écris pour exposer certains mondes piégés en moi, j’écris pour me sauver de l’amnésie chronique, j’écris pour avoir le droit de vivre, encore un jour de plus, à chaque fois.

j’écris pour donner une voix à ceux qui ne peuvent parler. J’écris pour mettre les mots sur ce que personne n’a le courage de dire.

J’écris pour réveiller ceux qui sont perdus dans un sommeil profond et qui se noient dans les tréfonds de l’ignorance engendrée par les dogmes sociétaux.

J’écris parce que pour l’instant, je ressens encore ce besoin cruel de vivre, le temps de finir la tâche. Dans cette enveloppe. J’écris parce que si j’arrête, y aurait il encore une raison de vivre? Assez suffisante pour me faire tenir ?

Alors J’écris.
Paterne Freeman Shadowriter , The Apprentice

Photo Credit: Pinterest