Ce matin, alors que je chauffais de l’eau pour prendre les médicaments dans le souci de faire partir ce vilain rhume, lequel me pompe les nerfs depuis quelques jours, j’ai réalisé encore une fois quelque chose que je tiens à partager. Je crois que les gens ne s’en rendent pas souvent compte et c’est bien tragique. Alors je vais laisser ma plume trainer car c’est en écrivant, en m’exprimant à travers cette dernière que je me sens vivre. Et en ce moment précis, j’ai besoin de vivre, de me sentir libre et guéri. C’est bien là le bonheur d’être un apprenti des mots.
Avez-vous déjà essayé d’être toujours là pour les autres sans que personne ne remarque les larmes dissimulées dans vos sourires ? Oh routine ma routine dirait quelqu’un. Et vous avez l’impression d’être si seul, si incompris, si isolé même quand vous êtes au milieu d’une foultitude de gens qui croient vous connaitre. C’est la tragédie des plus forts qui passent leurs vies à faire des efforts pour aider les autres à sortir de leurs enfers.
La plupart du temps, certains individus que les autres appellent communément ‘’ les plus forts’’ sont ceux qui ont le plus besoin d’aide à un moment précis de leurs vies. Hélas, personne ne leur retourne l’ascenseur qu’ils ont passé leur existence à monter pour les autres.
C’est triste de réaliser que les autres vous prennent tout le temps pour le plus fort sans jamais admettre que vous avez aussi du sang humain qui coule dans vos veines. Ils ne comprennent pas que vous puissiez aussi avoir des moments de faiblesse et que pendant ces situations, vous êtes bien plus vulnérables qu’eux. Ils ont souvent tendance à croire que vous êtes faits d’une matière aliène et que vous êtes là uniquement pour soutenir les autres sans jamais avoir besoin d’une épaule pour pleurer, d’une oreille pour vous écouter, d’un sourire pour retrouver le vôtre. Ils ne veulent pas l’accepter parce qu’ils ont épousé le triste conditionnement de la société.
Le danger de prendre les plus forts pour acquis est ce qui les entraine dans le malheureux gouffre de la déprime. Ils foncent la tête baissée et n’en ressorte plus pour la plupart. Les as-tu déjà entendus te dire ‘’ Nous sommes là pour toi’’ Alors qu’ils ne savent même pas ce que ça veut dire en vrai ? C’est la phrase magique qu’ils te balancent pour te bercer d’illusions, dans le seul but de préserver leur acquis, c’est-à-dire ton soutien moral et autre. Ne tombe surtout pas dans le piège. Ils ne comprennent ni ne sont prêts à accepter que le plus fort peut parfois être faible même si ce n’est pas ce qu’on attend de lui.
L’ironie de l’histoire quand on parle de la tragédie des plus forts est que face à certaines situations, le plus fort est souvent jugé plus sévèrement alors qu’il n’a eu qu’un petit moment de faiblesse. On est prêt à lui jeter toutes les pierres disponibles dans la vallée sans lui accorder le droit à la faiblesse, ce droit-là même qu’ils ont passé toutes leurs vies à exercer chacun à sa façon et à plusieurs occasions.
Si être fort, c’est renoncer à tout droit à la faiblesse ne serait-ce même qu’à la moindre occasion, je préfère de loin être moi avec mes moments, mes hauts et mes bas car c’est ainsi qu’on vit assez longtemps pour impacter et ‘’être’’ par-dessus tout.
Ah, une dernière chose, dans la société humaine, les plus forts n’ont pas droit à l’erreur. Tragique ! Tragique, dirait monsieur Omar.
Bon je vous laisse. J’ai un grand père à enterrer même si je ne le connais pas vraiment. Ma mère a dit ‘’Ecoute, ça ferait bien sourire son fils de savoir que tu viens le soutenir.’’ Et aucun d’eux ne sait que je suis souffrant.
Ps : Ne leur dites rien s’il vous plait. Hihihi ! C’est fou comme je me sens mieux à présent.

Paterne Freeman Shadowriter, Liberscribes

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