Il était vraiment élégant dans son Costard bleu marine. Il avait les cheveux très bien coupés. Sa barbe bien entretenue faisait ressortir l’allure de son visage si doux. Il ne m’avait pas reconnue. J’étais pratiquement sûre qu’il m’avait oubliée. A sa vue, mes émotions ont resurgi comme si elles n’attendaient que ce moment. Il faut croire qu’il ne faut jamais faire confiance aux émotions refoulées. Mince ! J’étais toujours amoureuse de lui. Il n’y avait pas l’ombre d’un doute à ce sujet.
Il était accompagné de quelques potes. J’ai supposé que c’était pour le boulot. Pendant qu’il faisait le choix du menu, il a remarqué mon nom qui était inscrit en bas de la liste du menu. Il n’en revenait pas. Il s’adressa à l’une de mes serveuses qu’il voulait parler avec la gérante. Celle-ci vint me faire part de la demande de Bob. J’acceptai de le recevoir dans mon bureau. Il me sortit des bobards auxquels je m’attendais.
Il était pressé donc on a juste pris un rendez-vous pour se voir et discuter un peu plus tranquillement. Il avait beaucoup à me dire me confia-t-il. J’ai accepté dîner avec lui car oui il me manquait et j’avais toujours des sentiments pour lui, même si toute cette histoire était très compliquée. Je n’avais osé parler de tout cela à personne.
On devait se voir au restaurant ‘’la Terrasse’’. Un petit coin chic que j’aimais beaucoup à cause du calme qui régnait et de leur légendaire plat de ravioli. J’en raffolais. Je m’étais rendu là quelques fois avec des amies pour passer du temps. Je ne voulais pas qu’il passe me chercher à la maison de peur de devoir m’expliquer à mes parents. Nous nous étions alors entendus pour nous retrouver à sept heures du soir à ‘’La Terrasse’’. Il était là, assis dans un coin, les yeux rivés vers l’entrée. Je venais d’arriver. Le voir ce soir-là toujours aussi beau, lui qui avait toujours eu un excellent goût en matière de style, je craquai. Mais je m’étais promis de faire profil bas.
Nous avons discuté pendant longtemps, très longtemps. On avait même ri comme si de rien n’était. Il m’embrassa à un moment donné. J’étais réticente au début mais je finis par me laisser aller une nouvelle fois car je n’ai jamais pu prendre le contrôle de mes émotions en sa présence. Ce besoin fou d’être avec lui était plus fort que moi.
À la fin du dîner, il a proposé me raccompagner chez moi mais ma réponse n’avait pas changé sur ce coup. Je n’étais pas prête pour ça. Je ne voulais pas leurs infliger une seconde fois cette souffrance. Je suis alors rentrée toute seule mais très joyeuse. Mes parents, spectateurs non-initiés de mon euphorie soudaine voulurent connaitre la source de ce bonheur inhabituel. Je ne pouvais rien dire. En tout cas pas à ce sujet. Je fus obligée de leur mentir. Je leur fis comprendre que je venais de recevoir une commande importante. Ils étaient heureux pour moi-même si je m’en voulais assez de leur mentir.
Le lendemain matin, Bob m’avait laissé un message qui disait : Salut mon amour. J’espère que tu as bien dormi. Moi oui car j’ai passé une soirée spéciale en ta compagnie et je n’ai pas arrêté de penser à toi durant toute cette nuit. J’espère qu’on pourra remettre ça bientôt. Bonne suite de journée. Je t’aime. Je n’en revenais pas. J’avais attendu ce moment toute ma vie. Je répondis comme si nous n’avions pas passé tout ce temps loin l’un de l’autre. On le remet quand tu veux. J’ai adoré passer ce moment en ta compagnie. Je t’aime aussi, mon Bob.

Innocentia Houessou, Liberscribes

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