C’était un vendredi. Tout allait très bien jusqu’à ce que Bob m’annonce qu’on devrait se séparer si nous voulions être heureux.
En réalité, tout a commencé entre Bob et moi lorsque nous étions encore au collège. Il était en première lorsque moi j’étais en troisième. Je devais passer mon BEPC (Brevet d’Etude du Premier Cycle). Mes parents ne savaient pas que Bob était mon petit ami et ses parents aussi ignoraient mon existence. Bob me racontait toujours que ses parents étaient très sévères et que s’ils apprenaient qu’il avait une petite amie ils risquaient de le tuer.
Je pouvais comprendre cette trouille qu’il avait, car avec mes parents aussi ce n’était pas toujours la joie. Papa qui criait à longueur de journée juste pour des futilités. Je ne pouvais pas lui raconter que sa fille avait un copain. Il me tuerait. Mais je le comprenais. Je comprenais toujours les parents. Ils veulent à tout prix nous protéger. J’ai accepté garder notre relation secrète pendant des années jusqu’à ce que nous finissions nos études.
Bob était passionné par la chirurgie. Il voulait à tout prix être un chirurgien donc une fois à la fin de son cycle à l’école de médecine, ses parents ont décidé de l’envoyer au Canada pour continuer ses études. J’étais terrifiée à l’idée de le perdre. Je ne voulais pas qu’il parte. Il était mon premier amour. Le seul et l’unique.
Jusqu’en ce moment, je n’avais pas encore parlé de ma relation avec Bob à mes parents. Il ne voulait toujours pas qu’on le fasse. Je ne comprenais plus sa peur envers ses parents. J’avais tenté un jour de le persuader qu’on en parle à nos parents mais il l’avait mal pris et la discussion avait pris une autre tournure. Comme je l’aimais et que j’avais confiance en lui, j’ai fait ce qu’il voulait. Garder le silence sur notre relation.
Deux jours avant son départ, il voulait que je m’offre à lui. J’avais vraiment confiance en lui que je pouvais donner ma vie pour lui. Alors je me suis laissé aller. Lui et moi, on venait de faire l’amour. C’était tout simplement magique pour moi. C’était pour ma première fois. Par contre Bob, lui il savait s’y prendre. Il était doué. En même temps, j’avais peur. Peur qu’une fois là-bas qu’il m’oublie. Qu’il se lasse de moi à force de vivre les affres de la distance. Il me rassurait qu’il m’aimait plus que tout au monde. Je le croyais au nom de tout ce que je ressentais pour lui. C’était la dernière fois qu’on se voyait lui et moi.
Des jours passaient, des semaines et des mois sans la moindre nouvelle de mon Bob depuis le départ de ce dernier. Je ne pouvais même pas demander à ses parents car ils ne me connaissaient pas. Je pleurais à longueur de journée. Je ne supportais plus. C’était la déprime totale. Mes parents ne comprenaient pas ce qui m’arrivait. Je restais enfermer 24h/7. Je ne faisais que fixer l’écran de mon téléphone dans l’espoir d’un appel ou d’un petit message de mon cher Bob. Mes espoirs ne servaient à rien. Je ne recevais rien de sa part. C’est comme si la terre l’avait avalé. Il était introuvable. Du moins sur mes radars. Je commençais à ne plus croire en lui. Je doutais de lui et de ses prétendus sentiments jusqu’à ce qu’un soir aux environs de 11h je reçus un message. Le numéro m’était inconnu alors je ne répondis pas. Je n’avais pas vraiment la tête à répondre aux gens.
Le lendemain, le même numéro laissa de nouveau un message. Ce dernier disait que c’était Bob et que je ne dois le dire à personne qu’il a pris contact avec moi même pas à mes parents. Que je devais garder cela secret pour son bien à lui. Il me disait qu’une fois au Canada il s’était fait braquer par des criminels qui ont volé tout ce qu’il avait sur lui. Et que je devais l’aider. Qu’il était en danger. Je ne comprenais rien à tout cela. Le flux était de trop pour mon cerveau. D’abord après avoir eu ce qu’il voulait, une fois là-bas il me plante sans aucune nouvelle et maintenant il veut que je me taise et que je l’aide en cachette. Je ne voulais pas me faire avoir une seconde fois par lui. Mais l’amour que je portais pour Bob me poussait à faire d’énormes sacrifices pour lui.
Il me fit comprendre qu’il avait besoin d’argent et que c’était urgent. Je me suis souvenue que mon père m’avait confié une somme importante pour la suite de mes études. La somme était destinée pour mon master. Mais vu que Bob m’avait dit qu’il était dans un besoin urgent, je n’avais pas hésité une seconde à lui envoyer tout l’argent dont je disposais. Il laissa un message pour notifier qu’il l’avait reçu le transfert. Je voulus l’appeler pour entendre sa voix mais il me fit comprendre que ce n’était pas une bonne idée et qu’il résidait avec des potes peu recommandables depuis l’incident.
La situation devenait de moins en moins digérable. Personne ne savait pour nous depuis toutes ces années. Il était parti sans laisser de nouvelles pendant plusieurs mois. Quand il reprit contact, c’était pour me déposséder des sous qui devaient servir à couvrir mes études de master. Mes doutes devenaient de plus en plus grands. Bob en avait marre de moi. Il m’utilisait. C’était vraiment très dur pour moi cette situation. J’en devenais très consciente.
Les jours filaient, les mois passaient et le temps faisait vivre ses affres à ma conscience. Je n’avais plus du tout de nouvelles de Bob. Je perdis banalement deux années à penser à lui. Je ne pouvais m’inscrire en master puisqu’il avait pris tout l’argent. Jour et nuit, je pleurais de son absence. De ma naïveté et de ma bêtise.
Je finis par tout raconter à mes parents parce que je ne supportais plus de les voir si soucieux à cause de moi. Mon père faillit m’étrangler. Il avait toutes les raisons. Je ne lui en aurais pas voulu. Ma mère, quant à elle avait arrêté de me parler. Ils ne comprenaient pas comment j’avais pu gâcher ma vie de la sorte à cause de quelqu’un qui n’en valait pas la peine.
J’ai galéré pendant des mois avant de reprendre ma vie en main. Ce ne fut pas de la tarte. Mes parents ont fini par me pardonner mais ils avaient toujours mal. C’était évident. Je pouvais le dire dans leur regard. Entre temps, j’avais suivi une formation en pâtisserie et petit à petit je réussis à créer un petit business. J’avais ouvert un petit café où je ne vendais que les matins. Je faisais des croissants, des gâteaux, et d’autres friandises. Il y avait un espace pour prendre du thé et discuter. C’était mon petit succès. J’en étais fière. Je pouvais me prendre en charge et être là pour mes parents qui commençaient à se faire vieux. J’avais réussi à oublier Bob jusqu’à jour où je l’avais vu débarquer dans mon café un matin. C’était le tsunami émotionnel !

#PartOne

Innocentia Houessou, Liberscribes

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