L’amour ne se conjugue pas comme tu le veux.
D’abord au présent, le monde est à vous deux.
Vivons d’air et d’eau fraiche !
Vivons du fantasme loin de toute flèche !

Puis à l’imparfait, vous étiez mieux avant.
La flamme se meurt peu à peu sous la détresse.
Les doutes s’installent et invitent le stress.
Abattus, vous n’êtes plus loin de l’ouragan.

Ensuite au passé et au pluriel car une autre s’incruste.
Tu as été la seule, enfin avant, quand tout a été juste.
Tu l’aimes, il t’a aimée et une autre sème le chaos.
Sans vergogne, ils se sont aimés dans ton dos.

Au final l’amour se conjugue au singulier.
La moitié des deux s’envole et atterrit ailleurs,
Là où les souvenirs deviennent éveilleurs,
Dissipée, la fusion succombe et brise le collier.

L’amour ne se conjugue jamais comme tu le veux.
Et le futur au final n’en veut pas.
C’est fou comme il enivre ce feu
Qui, par malheur renvoie à la case départ.


Zénaïde Godonou, Liberscribes.
Photo Credit: Queen C.