Sous la fraîcheur de la mer exhalée,
Je cours dans une peau hâlée.
Chevelure relevée par le vent,
Je fonce,les yeux larmoyants.

L’atmosphère noire m’apeure.
Mes palpitations me fendent le cœur.
Face à ce pressentiment dangereux,
Mon souffle présage un tempérament coléreux.

D’un coup d’éclair, la dague se planta,
Perfora mon dos jusqu’aux zones d’états,
Accentuant mes larmes qui se laissent couler,
Me faisant saigner quitte à me faire hurler.

Mes membres vibrent d’instabilité.
Je m’écroule au sol toute dévastée.
Mes poings se serrent sous ce sable fin
Et mon regard se tourne vers cet être feint.

Mes muscles se contractent.
Tout mon être reçoit le contraste.
Mon esprit est loin d’être charmé,
Lorsque je réalise qu’il s’agit de l’être aimé.

Tel un galvanisant, l’épée s’enfonce de plus belle.
Sans défense, mes larmes dégoulinent sur ma joue frêle.
Courbée, ne sachant comment me relever,
Je m’efforce pour ne point crever.

Il est cet homme pour qui je cherche l’imperméable,
Quand c’est lui qui se noie .
Il est cet être face à qui je tremble,
Quand c’est lui qui a froid.

Et quand il faut écrire un texte d’amour,
Il est encore l’encre de mon stylo.
Et c’est aussi moi qui cours,
Quand c’est à lui que s’attaque le fléau.

Et quand il est tiré à 4 épingles,
C’est moi qui joue à l’aigle.
Au point où mon cœur s’inonde de valeurs,
Quand rayonne son for intérieur.

Je me retiens de vociférer.
Je redeviens acérée.
D’un geste de main je l’arrête,
En dévisageant son caractère de bête.

Le vent effleure le long de mon dos.
Ma plaie béante s’embrase à nouveau.
Une orage se déchaîne et me propulse
Près d’une canne que je récupère, à bout de course.

Je prends appui sur cette dernière.
Affaiblie, j’ai du mal à voir très clair.
Je me fie donc à mon intuition,
Et poursuis ma route sous une autre vision.

Zénaïde Godonou

Photo Credit: Internet