Assise sur un vieux banc,
Une âme solitaire cogite.
De temps en temps, elle se lève
Et erre tout le long de la gare,
Impatiente de revoir l’être aimé
Après tant d’années passées
A se nourrir de solitude et de chagrin.
Aujourd’hui, elle a l’espoir de goûter
A nouveau à l’immense saveur
De la joie, de l’amour,
De la chaleur et de la tendresse
Que procure la présence de l’être aimé.
La locomotive s’approche, ralentit et s’arrête
Sans pour autant l’inviter.
Elle se lève, se précipite et avance.
Le cœur serré et perturbé.
Elle cherche, se trompe
Et continue avec ardeur et impatience.
Elle court vers l’entrée de la gare avec le regard désorienté
Ne sachant plus à quel Saint se vouer.
S’était-il trompé de gare ?
Elle voyait le film défiler
Sous ses yeux sans vouloir y croire.
Et pourtant elle était là,
Cette tristesse vérité
Qu’elle doit admettre.
Il ne viendra pas cette fois.
De loin, elle fixe le train qui repart sans dire au revoir,
S’éloigner et se perdre dans le long tunnel obscur.
Du revers de la main, elle balaie les larmes,
Chaudes et mélancoliques de son visage pâle
Avant de s’éloigner dans le vide,
N’abandonnant derrière elle
Que sa silhouette solitaire et désemparée.

Paterne Freeman Shadowriter , Mille Vies Dans Une Caboche, 2019.
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