Certains me disent souvent. ‘’Freeman, quand on te voit, tu as l’air fort et on a souvent l’impression que tu es inébranlable tant que tu ne parles pas de ta mère. A cette femme, tu voues un culte hors du commun. Ne crois-tu pas que tu en fais de trop ?’’ Quand ils disent ça, je souris. Je me dis : si seulement ils pouvaient savoir tout ce que je sais de cette femme. Quand j’y pense, ma mère est restée la seule personne sur terre à ne jamais cesser de croire en moi quand bien même je vivais l’enfer. Elle était toujours là à donner le peu qu’elle avait pour me voir survivre pour mes rêves. Très souvent, je me dis que ma mère n’est pas de la terre.
Les souvenirs d’enfance avec ma mère sont des lignes de ma vie qu’aucun autre moment ne peut effacer. Quand j’étais gosse, je me rappelle qu’avec ma mère, nous traversions la forêt pour aller chercher du bois, des noix de coco, ou des branches de cocotiers pour en faire des balais à vendre. Nous faisions toutes ces choses pour qu’elle puisse payer mes cours dans une école privée quand mon père n’était pas là.
Je ne sentais pas souvent l’absence de mon père qui devait beaucoup voyager car ma mère avait réussi à être tout à la fois. Même si je n’ai pas beaucoup de souvenirs d’enfance très heureux, les rares que j’ai sont beaucoup plus ceux avec ma mère.
Quand je sortais pour vendre les fruits ou le yaourt, ma mère me rappelait que nous en avions besoin pour faire ce que nous devions faire pour l’avenir. J’avais du mal à comprendre mais je lui faisais confiance même si ce n’était pas toujours facile. J’avais souvent honte parce que c’était trop difficile pour un garçon qui était toujours le premier de sa classe de trainer en ville pour vendre des fruits (oranges, plantains, etc.) ou avoir une glacière sur la tête pour vendre des sucettes et yaourts. Je me cachais quand en ville je voyais des camarades de classes ou des gens qui se trouvaient dans la même école que moi. J’avais peur d’être la risée de mes potes.
Ces passages sont des moments de ma vie que plusieurs personnes auront du mal à croire parce que certains pensent que j’ai toujours vécu une vie de prince, comme si j’étais né avec une cuillère en or à la bouche, oh non, j’étais plus le fils de la dame qui restait devant sa marchandise de fruits sous le lampadaire jusqu’à des heures indues de la nuit que ce garçon qui avait tout ce qu’il voulait. Je n’ai jamais vécu dans un château, pas encore. J’avoue que j’ai hâte d’en construire un pour ma mère. Hihihi. Je sais, on me dira, toujours ‘’sa mère….’’
Quand à un moment de ma vie, j’étais mourant, je me rappelle encore que ma mère me prenait dans ces bras et courait comme une folle pour me sauver la vie. Je n’avais encore que sept ans environ mais je me rappelle tous ces moments comme si c’était hier.
A chaque fois que je sens le poids de mon rêve sur mes épaules, quand les choses deviennent trop dures, me donnant ainsi la forte envie d’abandonner, je me rappelle les propos de ma mère « et pourtant je ne vous ai pas abandonnés ». Je ne veux surtout pas l’abandonner. Je veux la rendre heureuse, elle est une reine, elle a droit à un château. Je travaille à lui en construire un, même si je sais pertinemment qu’elle n’est pas de la terre.
Ma mère est d’une cité bien plus évoluée. Elle est bien la reine qui a fait de moi un #Apprenti qui ne sait pas abandonner alors que mon père était plus occupé à faire de moi un homme précoce. Je vous dis, c’était l’équilibre. Nos pères sont souvent fiers et préfèrent nous apprendre dès le départ que la vie n’est pas une tarte gratis au coin de la rue, que pour l’avoir, il faut se préparer. Alors à mon père, je dis merci. Cet homme qui sait pousser au rêve à sa façon même si nos convictions ne sont pas toujours les mêmes.
Si aujourd’hui je me retrouve à ce niveau en étant l’inspiration de tout un monde, je crois que je le dois à ma mère. Aujourd’hui je fais #Un avec mon rêve. Chaque petit pas me rapproche du but et chaque rejet me donne la force de défier le destin, enfin s’il existe.
Croyez-moi, ma mère n’est pas de la terre, et moi non plus d’ailleurs. Apprenti de l’univers, je suis.

Paterne Freeman Shadowriter , The Apprentice.
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