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#Previously on ‘’Elle m’a mordu”…..
Je relisais nos messages. J’avais l’impression de la connaître depuis des vies. J’étais tout excité à l’idée de la revoir. Je ne comprenais pas. J’étais un amoureux en série mais cette fois-ci c’était différent. Il y avait un plus. Une force en elle m’attirait. Et si je l’avais déjà aimée dans d’autres réalités ? Galère !
Des grondements de tonnerre se faisaient entendre. Le ciel zébrait de mille couleurs. Je ne comprenais presque rien. Il n’allait quand même pas pleuvoir, me disais-je. C’était inhabituel en ces moments de l’année. En février ? C’était un peu trop tôt pour la pluie à mon avis. Je rivai mes yeux vers Dieu comme pour lui demander combien d’anges allaient se mettre à nous pisser dessus. Craignos ! Une première goutte sur la joue gauche puis une deuxième. Comme si le cosmos avait décidé de me faire vivre l’enfer humide, le ciel déclencha une averse tout à fait inattendue.
-Damn it! Not now! Hell no! Criai-je en allant chercher le vieux parapluie que ma frangine avait laissé au cours de sa dernière visite.

**#Now**

Je n’ai aucune dent contre la pluie. Au contraire, la saison pluvieuse reste ma période favorite de l’année tant qu’il n’y a pas la boue dans toutes les venelles. Quand il y en a, galère, on ne sait où mettre les pieds. Son timing de ce matin ne m’arrangeait pas du tout. De toutes les façons, il me fallait braver toutes ces larmes célestes pour aller chercher ma visiteuse. Je ne voulais pas la laisser sous la pluie à m’attendre une fois dans la ruelle.

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Nous étions là à la porte de mon appart. J’avais du mal à retrouver la clef. Je me souvenais pourtant l’avoir mis dans la poche de mon imperméable en courant dans les venelles. Je ne savais plus trop. J’avais peur de l’avoir égaré en sautant pour éviter les flaques sur le chemin. Galère ! Il pleuvait averse et ma visiteuse était là juste à côté de moi, des larmes du ciel coulaient le long de son corps. Elle était si calme, si patiente. Elle me fixait avec un petit sourire. Je la dévorais du regard malgré la situation. Elle l’avait remarqué. J’étais grillé. Elle me lança calmement.
Et si tu regardais dans la poche arrière de ton jeans ?
Elle joignit l’acte à la parole, enfonçant sa petite main droite dans ma poche arrière. Elle me tendit ensuite la clef qui s’y planquait. Je ne savais que faire, ni que dire d’autre que de prendre la clef pour ouvrir la porte. J’enlevai mes chaussures que je déposai sur le tapis d’entrée avant de reprendre le parapluie que j’avais laissé à Diarus. Elle était toujours là, immobile, me fixant avec un sourire qui pouvait désarmer n’importe quel soldat.
Tu vas m’inviter à entrer ? Je meurs de froid. Me dit-elle grelottant.
Je ne savais pas que tu as besoin d’une invitation pour cela.
Bien sûr, c’est bien ma première fois dans ton monde.
Oh, elle a des manières !
Et comment ? Je me respecte assez tu sais.
C’est bien ce que je remarque. Vous pouvez entrer très chère.
Voilà ! Ce n’était pas si difficile que ça voyons.
Je lui souris en prenant sa main pour l’aider à entrer. Je me hâtai d’aller chercher une serviette à lui remettre. J’approchai la serviette de mes narines pour m’assurer que cela sentait bon. Galère ! Quand on vit seul, on développe bien de ces comportements. Ma serviette sentait bon, je n’avais rien à craindre. Je me rapprochai d’elle en lui tendant cette pièce de tissu. Elle me regardait sans faire le moindre geste. Je ne pigeais rien. Elle souriait et cela me faisait perdre la tête. Je m’approchai de plus près pour la couvrir. Je venais de comprendre. Elle n’attendait que ça. La romance n’était pas mon fort. Je n’étais pas vraiment un gentleman 2.0. Je lui nettoyai les cheveux qui étaient bien coupés. J’avais un faible particulier pour les femmes avec son style de coiffure et les dreadlocks.
Je lui proposai une chemise le temps que son t-shirt soit séché. J’avais vu ça dans un beau film, Lol, je voulais essayer. J’avais toutefois peur qu’elle me traite de pervers puisque je la verrais se déshabiller. Elle accepta volontiers en me demandant de lui faire dos. Je lui remis une chemise burburry que j’aimais bien. Je pris mon téléphone et me retournai quelques secondes. L’écran de ce dernier servait de miroir. Je ne pouvais pas m’empêcher de regarder. C’était un peu flou mais je voyais l’essentiel. Elle n’avait pas mis de soutien-gorge. Je me demandais bien pourquoi. Je n’avais nullement la crânerie de lui poser cette question aussi déplacée que bête. Elle me fit signe de me retourner avant d’aller s’asseoir sur le matelas. Elle n’avait pas d’autres choix. La seule chaise qui ornait l’environnement de mon petit appartement de célibataire rêveur était occupée. J’y avais disposé des bouquins que je rangeais. Je mis mon petit réchaud en marche pour lui faire mon thé préféré. J’avais toujours du Lipton, du miel et du citron chez moi. J’appelais ça les choses élémentaires à voir dans la chambre d’un célibataire qui aimait passer des heures sans voir le portail et qui n’aimait pas les hôpitaux. Je m’installai ensuite à côté de Diarus sans piper.
Cinq minutes s’étaient écoulées. Le seul son qu’on entendait était celui que produisaient les larmes célestes qui coulaient sur les toits. Nous étions silencieux pour une raison que j’ignorais. Pour ma part, je ne savais pas vraiment par où commencer. L’eau avait bouilli et m’appelait. Je fis le thé avec tous les ingrédients à ma disposition. Elle prit sa part en me gratifiant d’un petit sourire.
Je ne savais toujours pas quoi dire en premier à ma visiteuse. C’était bien inhabituel pour un mec qui savait charmer et vendre son intellect à qui voulait l’acheter. Galère !
Les grondements du tonnerre devenaient de plus en plus forts. La société électrique venait de couper la circulation de l’électricité dans les conducteurs. L’obscurité planait. Diarus alluma l’écran de son téléphone. Je me servis du reflet pour chercher une bougie à allumer. J’en avais toujours en réserve. Ici, les coupures d’électricité sont parfois monnaies courantes. Diarus se retourna calmement pour s’adresser à moi.
Encore combien de temps ?
Tu parles de la pluie ?
Encore combien de temps avant que tu ne me parles ?
Oh, euh, balbutiai-je.
Tu aurais perdu ta langue ? ou l’aurais-tu donnée à un chat ? et pourtant je n’entends aucun miaulement par ici.
Ce n’est pas ça.
C’est quoi alors ? Demanda-t-elle en chinant.
Le moment est si parfait. Je ne m’y attendais pas. Je suis doué pour charmer mais la suite est toute une autre histoire. Je n’y suis pas trop habitué.
Comment ça, tu n’es pas trop habitué ?
La grande romance n’est pas vraiment mon affaire.
Qui te parle de romance ? on te demande de discuter Shadow, t’es bizarre. Dit-elle en se moquant de plus belle.
Elle avait raison, c’était bizarre. J’évitais toujours les premières conversations. Quand on me rencontre, on a souvent l’impression que je ne suis pas très volubile. Attendez de passer un peu de temps avec moi. Haha ! Avec Diarus, c’était techniquement notre première fois. L’autre soir c’était une autre histoire. Les circonstances étaient différentes et il fallait s’y adapter. La lumière que projetait la bougie donnait une autre couleur à l’appart. C’était romantique. Je voulais fuir. Ce n’était pas mon truc.
Embrasse-moi, dit-elle.
Pardon ? Dis-je, croyant avoir mal entendu.
Embrasse-moi Shadow.
Attends, tu es sérieuse ?
Arrête de parler et embrasse-moi stp.
Je rampai vers elle pour l’embrasser à genoux. Mon cœur battait. Ses lèvres étaient si fraiches si douces. La nuit n’avaient rien altéré à leur saveur. Elle embrassait très bien. Trop bien. Je pris son cou dans mes mains et la fis coucher. Nous formions désormais une horizontale avec le matelas. C’était parfait. Je l’embrassais à en perdre le souffle. La chaleur qui émanait de la bougie, la fraicheur qui provenait de l’averse, la mi- obscurité qui planait faisaient de ce moment le plat de résistance du paradis sur terre. Je déboutonnai sa nouvelle chemise, ma chemise qui lui allait si bien. Elle ne résista pas. Elle me laissait faire, susurrait de plaisir. Je pris ses nichons dans ma bouche, elle en avait de très beaux. Leur taille était parfaite. Je les tenais, mon talon de faiblesse. Celui d’Achille n’était pas là. Elle couinait, j’y prenais du plaisir. Un plaisir loufoque. Le pervers se réveillait. Je descendis le long de son corps, tout doucement, si délicatement. À l’aide de ma main gauche, je cherchai à déboutonner son jeans. Elle posa une main sur mon poignet en murmurant.
‘’Il faut qu’on arrête, c’est assez pour aujourd’hui’’. Sa voix était imperturbable.
Pourquoi veux-tu qu’on arrête en si bon chemin ? J’ai des préservatifs si c’est la question que tu te poses.
Oô, reviens sur terre. Je n’y avais même pas pensé. Je voudrais juste dormir dans tes bras.
Dormir dans mes bras ? Mais Pourquoi pas après ? J’étais à un niveau d’excitation où nous les mecs avons souvent du mal à faire demi-tour sans le butin. Lol ! Elle m’avait fait remonter. Ses deux mains posées sur mes joues, Diarus me fixait avec son joli sourire auquel j’avais du mal à résister.
Nous avons tout le temps tu sais, je voudrais dormir dans tes bras, on parlera à notre réveil. Veux-tu ?
Je venais d’émettre le plus long soupir de l’histoire. Un mélange de colère et de déception. Je ne pouvais rien faire d’autre. Je forçai un petit sourire pour la rassurer que je pouvais attendre le bon moment. Les mecs comprennent bien ce sentiment.
Nous nous embrassâmes encore quelques minutes avant de nous endormir enlacés l’un dans les bras de l’autre. J’avais l’impression qu’elle avait toujours eu sa place dans mes bras. Nous étions vraiment cosy. Pour une fois, j’étais vraiment là. Je vivais dans le présent. À ce moment, je me dévouais complètement.

*****

Le bruit à la porte venait de me réveiller. Je cherchai mon téléphone pour vérifier l’heure. Une obscurité totale planait dans l’appart. La bougie avait complètement fondu. J’eus le réflexe d’appuyer sur l’interrupteur. L’électricité était là. Il sonnait seize heures trente-et-deux. Quelqu’un frappait à la porte de façon répétée. Cela venait de réveiller Diarus.
Tu vas voir ? me dit-elle.
J’avançai maladroitement vers la porte. Je n’attendais personne. J’avais le cœur qui battait. Je déverrouillai la serrure. Elle était là. Je ne rêvais pas. Anick ! Oh mon Dieu.
Anick ? Mais qu’est-ce que tu fais ici ?
Qu’est-ce que je fais ici ? Tu es sérieux là ? Il faut qu’on parle me hurla-t-elle.
Plus que jamais ma belle, tu connais la règle.
Tes mille et une règles je les emmerde Shadow, je les emmerde.
Oh, ce n’est pas la guerre voyons, attends une seconde je prends mon habit et on va marcher.
On va marcher ? c’est nouveau ça ! Tu ne m’invites même pas à entrer.
Ce n’est pas le bon moment vois-tu ?
Monsieur n’est pas seul, okay, je comprends mieux. Ne te gène même pas pour me raccompagner. Quand du temps tu auras, on parlera. Monsieur est occupé ! dit-elle de façon ironique en marchant vers le portail.
J’étais là, figé. J’ignorais tout de la prochaine étape de la situation. Diarus avait tout entendu. Elle aurait tout compris. On n’avait pas eu le temps de parler. Je me retournai, les pas lourds vers la chambre. Elle m’attendait. Elle avait déjà remis son habit qui n’était pas encore vraiment sec. Son regard si serein me faisait peur. Je sentais un vide à l’anus. J’avais la pétoche. Qu’allait-elle bien me dire ?
– Tu me raccompagnes stp ? dit-elle.
– Attends, tu es sérieuse ? Il faut qu’on parle. Balbutiai-je
– De quoi Shadow ? De quoi ? Je veux juste que tu me raccompagnes un peu enfin si cela ne te pose pas problème.
– Attends, ton habit, pourquoi avoir laissé l’autre ? Ceci n’est même pas sec. Lui répondis-je en la touchant pour vérifier l’état du t-shirt.
– Je rentre chez moi je te rappelle. Je ne peux partir avec ta chemise.
– Bien sûr que tu peux. Stp, je ne peux te laisser partir comme ça, tu vois bien qu’il y a la fraicheur là dehors.
– Je veux juste que tu me raccompagnes, c’est aussi difficile que ça ?
– Mais prends au moins un pullover stp, je le reprendrai plus tard.
Elle n’insista pas. Je lui remis l’un de mes pullovers et fermai la porte après elle. La pluie avait cessé. Depuis environ une heure. Nous avions beaucoup dormi. J’en étais surpris. Je pionçais rarement en présence d’un corps étranger. La seule personne en compagnie de qui je pouvais dormir comme ça était mon meilleur pote. Je lui faisais confiance. Tout cela était bien inhabituel. Le silence fut notre unique compagnon jusqu’à ce que je me retourne. Je me sentais coupable. A tort et à raison. Je m’en voulais. Le scandale ! Galère !

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A bientôt pour les #Episodes 14 et 15.
Ça va devenir…….
Par
Paterne Freeman Shadowriter
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