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#Previously on ‘’Elle m’a mordu”…..
Je pensai une seconde à Anick. Pourquoi serait-elle venue me voir sans m’avertir ? On n’avait pourtant pas prévu de se voir. Ce n’est pas dans ses habitudes de débarquer sans prévenir. Enfin plus maintenant. Au départ, elle se faisait le plaisir de me faire des visites surprises qui n’étaient pas de mon goût. Je n’avais ménagé aucun effort pour lui faire comprendre le danger de ce comportement lequel pour moi était une preuve palpable du manque de confiance. Elle connaissait assez le mec avec qui elle était dans la relation. Cette connaissance de l’homme lui avait soufflé un vent de sagesse qui la poussait à m’avertir la veille avant de débarquer. Ma liberté, mon champ de solitude. J’y tiens beaucoup. On peut ne pas comprendre. Pas grave.
J’envoyai un message à Anick après avoir réfléchi une dizaine de minutes. Je me devais de lui écrire. Si elle avait pu débarquer ce matin, elle pouvait le refaire si de mes nouvelles elle n’avait pas. Elle savait s’attacher celle-là. J’avoue que j’aime bien ça chez elle. La plupart du temps. Je ne voulais pas qu’elle débarque pendant la visite de Diarus. Oh non, pas de scandale chez moi. Surtout en ces moments où je suis bien confus et agité émotionnellement.

**#Now**

« Coucou bae. »
Exactement trente-sept secondes. Oui je chronométrais. Je connaissais bien Anick. Elle venait de répondre.
« Ça va toi ? Je peux passer ? »
« Euh non, là n’est pas le bon moment, je dois ressortir dans une demi-heure. »
« Mais je t’ai manqué ce matin à ton appart, tu n’y étais pas et ta ligne ne passait pas non plus. J’étais morte d’inquiétude. »
« Mais tu respires toujours ma belle. » lui répondis- je sarcastique. A ce jeu, j’étais un pro, je pouvais me foutre des gens tout en gardant mon calme. Les mots sont ma force cachée.
« Tu peux arrêter stp ? c’est important. »
« Ah ouais ? Mais quoi donc ? »
« Je ne peux en parler par texto. Je peux passer ? »
« Je viens de te dire que je vais ressortir d’une minute à l’autre et toi tu tiens à repasser. Sérieusement ? Vas-y, dis le truc »
« j’ai perdu une tante très proche hier soir. J’ai besoin d’en parler »
« Non mais tu es sérieuse ? C’est pour cela tu tenais à me voir plus tôt ce matin ? Non mais j’hallucine ou quoi ? Toutes mes condoléances ! »
« Non mais tu n’es pas sérieux là bae, je viens de te dire que j’ai perdu une tante proche et cela ne te fait rien ? Non mais quel genre d’homme sans cœur es-tu Shadow ? Quand je crois que je sors avec un être comme toi. »
« Pardon ? Tu veux répéter ? Un être comme moi ? Tu expliques. »
« Non, tkte, c’est pas grave. Tu peux ressortir et aller à l’endroit qui semble si important à tes yeux »
« Okay ! »
« Okay ??? Je te fatigue apparemment. »
« A ce soir Anick. »
« Oui c’est ça ! vas-y. comme toujours tu te défiles. Je dis que c’est important mais tu n’en as rien à faire. »
Je ne voulais pas me disputer avec elle. Au fond c’était une fille bien. La vie avait fait d’elle la reine des geignardes émotives. Je ne suis pas dur croyez moi. Je détestais cette partie d’elle qui s’attachait un peu trop à la famille. Tellement elle se plaignait et pour peu la plupart du temps. Galère !

Je perdis mon sourire dans l’océan de ses plaintes. Elle avait tellement de choses à me reprocher. Je commençais à croire qu’elle le faisait exprès. J’étais en colère. Je lui en voulais. Mes émotions étaient agitées. Je ne lui demandais pas de changer pour moi mais j’avais horreur qu’elle cherche à faire de moi un mec que je n’étais pas. Qu’elle me prenne pour le méchant de toutes les histoires me rendait dingue. Anick savait rendre coupable. J’étais confus, en colère, contre elle, contre moi. Quelque part au fond de moi, je savais qu’elle n’était plus le centre de mon attention. Et pour ça, je me détestais encore plus. Je ne voulais pas mettre son nom sur la fameuse liste de mes ex. J’avais promis. Nous nous sommes vraiment aimés. Enfin je crois.
Elle voulait parler comme toujours. Mais elle ne voulait rien me dire au téléphone. Craignos ! La pétoche s’emparait de mes nerfs. J’imaginais le pire. Cette histoire avec sa tante était l’un des fruits de son imagination. Je savais que ce n’était pas la raison pour laquelle elle tenait à me voir.
Je ne voulais pas non plus me concentrer trop là-dessus. Je devais rencontrer Diarus dans quelques heures. Je cherchai au fond de moi un moyen assez simple pour me calmer. Méditer pendant une dizaine de minutes. J’en avais besoin. Ces temps-ci, il m’arrivait assez fréquemment d’exercer ma zénitude pour ne pas avoir des regrets.
Ne pas faire signe à Diarus depuis tout ce temps créait un vide en moi. Un vide que j’avais besoin de combler au plus vite. Je me décidai enfin à lui écrire. Je me disais qu’elle aurait peut-être oublié. Je voulais discuter avec elle. Je voulais qu’elle me calme. La revoir était ma seule envie.
« Salut Diarus. »
Quinze minutes s’étaient écoulées après mon texto. Ce dernier était resté sans réponse jusque-là. Je commençais à me poser des questions. Aurait-elle changé d’avis ? Et si après avoir bien réfléchi à la petite folie d’hier soir elle avait repris ses esprits et décidé de ne plus me voir? Et si tout cela n’avait été qu’une simple hallucination ? Et si tout ceci n’était que le fruit de mon imagination ? Galère ! Je pouvais être le roi de l’impatience quand je me faisais mordre.
Le seuil de la porte était mon endroit préféré quand je devais chatter avec des amis. J’avais posé mes fesses à ce niveau-là de mon appart pour me relaxer le temps de convaincre Diarus à passer à la maison.
Le vibreur de mon téléphone venait de m’avertir de la réponse pour laquelle je respirais en cet instant précis.
« Bonjour Shadow, j’étais sous la douche, je viens de lire ton texto. »
« Oh, je pensais que tu ne voulais plus me répondre. »
« Tu exagères, je n’ai pas de raison. »
«Mais on ne sait jamais. Peut-être que la nuit t’a fait changer d’avis »
« Même pas, je me suis levée un peu tôt pour travailler »
« Et moi j’ai pensé à toi toute la nuit. »
« Adigban kèdè »
« Je ne te suis pas »
« C’est le fon. Tu ne comprends pas ? »
« Pas vraiment, mon environnement ne m’a pas permis ce luxe. »
« Ah ouais ? »
« Sérieux quoi ! »
« Simple, tu n’auras qu’à chercher. Maintenant tu as une raison de t’y intéresser parce que je risque de te la parler souvent cette langue. »
« Tu n’es pas sérieuse là Diarus, »
« Oh que si Shadow ! »
« Tu n’as pas le droit d’être un acculturé. Pas quand tu as de si grands rêves. »
« Qu’est-ce que tu en sais de mes ambitions ? »
« Tu parles comme si je ne lis pas ce que tu écris en ligne. »
« Mais ma ligne en ligne peut ne rien avoir avec le vrai moi, prends l’exemple des filles avec les applications de photo, il y en a que tu rencontres et il t’est difficile de les reconnaitre même quand tu as la photo et la personne même devant toi. En ligne, c’est une autre vie. »
« Haha, tu es fou l’écrivain »
« Oups, je suppose que tu fais pareil, »
« Je ne répondrai pas à cette question, je ne suis pas une sainte de toutes les façons. »
« Alors tu viens là ? »
« Vas-y, vas-y j’arrive »
« Lol ! Okay, je t’indique ? »
« Qu’est ce qui te fait marrer ? »
« Oh, ta réponse, cela me rappelle Team BS »
« Avec La Fouine, Fababy et les autres ? »
« Euh oui, dans l’intro de l’album quand La Fouine les invitait sur le projet. »
« Ah ouais ? Cool ! Je n’ai écouté que quelques titres. On se voit dans la même rue qu’hier ? »
« Yeah ! un bon repère. Il te faut combien de temps ? »
« Une quinzaine de minutes tout au plus »
« Okay, okay ! »
« A tout d’suite Shadow »
« je suis impatient D. »
Je relisais nos messages. J’avais l’impression de la connaître depuis des vies. J’étais tout excité à l’idée de la revoir. Je ne comprenais pas. J’étais un amoureux en série mais cette fois-ci c’était différent. Il y avait un plus. Une force en elle m’attirait. Et si je l’avais déjà aimée dans d’autres réalités ? Galère !
Des grondements de tonnerre se faisaient entendre. Le ciel zébrait de mille couleurs. Je ne comprenais presque rien. Il n’allait quand même pas pleuvoir, me disais-je. C’était inhabituel en ces moments de l’année. En février ? C’était un peu trop tôt pour la pluie à mon avis. Je rivai mes yeux vers Dieu comme pour lui demander combien d’anges allaient se mettre à nous pisser dessus. Craignos ! Une première goutte sur la joue gauche puis une deuxième. Comme si le cosmos avait décidé de me faire vivre l’enfer humide, le ciel déclencha une averse tout à fait inattendue.
-Damn it ! Not now ! Hell no! Criai-je en allant chercher le vieux parapluie que ma frangine avait laissé au cours de la dernière visite.

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A bientôt pour l’#Episode 12.
Ça va devenir…….
Par
Paterne Freeman Shadowriter
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