Femme du XXIe siècle, pourquoi tiens-tu à être artificielle ?

Dieu aurait-il eu tort de t’avoir créée telle que tu es à l’origine ma Dame ?

Le créateur de toute chose, serait-il moins intelligent qu’il le pense ?

Dieu, aurait-il une imagination assez limitée de ce que tu peux être en vrai madame ?

Pourquoi donc t’acharnes-tu à couvrir ton corps si authentique de choses si artificielles ?

Tes cils, trop souvent tu les rases, les remplaçant par des figures géométriques sans pour autant aimer les maths.

Tes sourcils, comme s’ils ne protégeaient pas assez tes yeux, tu préfères en superposer une autre couche qui vient de je ne sais où.

Tes oreilles, Ô mon Dieu, tu les as percées de tous les côtés tels les esclaves de l’ancien monde. Qui est donc ton maître ma sœur?

Je ne parlerai pas de tes lèvres, tu les trouves déjà trop moins rafraichissantes, n’est pas pourquoi tu y appliques des produits chimiques sans cesse ?

Puisque les deux trous de ton nez ne suffisent pas pour que tu respires, tu préfères en creuser un troisième juste en haut. Tu as bien de l’imagination ma sœur. Tu me sidères.

Quant à tes cheveux, non, à ce niveau, je dois avouer que tu fais parfois preuve d’une anthropophagie moderne. Jusqu’aux cheveux de tes sœurs décédées sous d’autres cieux ? Es-tu sérieuse là ? Tu y as trouvé un beau nom cependant. Le naturel, c’est ça ?

Es-tu une œuvre d’art ma sœur ? Puisque tu as pris le temps de vernir tes faux ongles de différentes couleurs.

Je suis pour la science, je reste un adepte du progrès mais la chirurgie plastique ? Du plastique dans tes fesses et dans tes seins ? Félicitation ma sœur, tu es officiellement une Zombie dans une cité qui perd ses valeurs.

Regarde Djemila ta seconde, elle a même le culot de changer la couleur de sa peau.

Tout ça pour qui ? Un homme ? Il ne vit que pour son rêve le vrai. S’il est un vrai, il n’aimera que l’authentique en toi. Tu oses le traiter d’infidèle pendant qu’il y a d’autres clones comme toi là dehors ? Qu’as-tu d’unique pour qu’il reste accroché à toi ?

Qu’as-tu donc fait de la Reine qui sommeille en toi ?

Et si tu essayais plutôt de nourrir ton esprit, de rendre ton intelligence plus aiguisée ?

Quel que soit ton âge, tu es une mère, le symbole de l’honneur et de la dignité ? Es-tu fière de la chose que tu vois dans le miroir ?

Paterne ne t’en veut pas. Il pense que ton naturel est d’or.

Il pense que tu ne dois pas insulter nos mères.

Nos pères avaient de la chance.

In ‘’Odes of my gracious life’’ by Paterne Freeman Hessou

Copyright © 2017 Paterne Freeman H. Shadowriter All Rights Reserved.