La première fois

C’était la bénédiction de la statue de l’homme en costume bleu. Je l’ai toujours regardé avec assez d’intrigues. L’homme en costume bleu était une légende et chaque fois que je prenais par-là, j’avais toujours l’impression qu’il me souriait. Bien évidemment je lui rendais son petit sourire sans jamais me demander si c’était réel ou pas. Peut-être bien que j’hallucinais. Quelle importance, l’homme en costume bleu dont la statue était juste devant moi, m’aimait bien. Je parie qu’un de ces quatre il finira par me le prouver d’une manière ou de l’autre. Enfin, une partie de moi le croyait.

Tout a commencé un jour comme tous les autres. Je me baladais dans la cours de l’institut vu que les cours n’avaient pas encore commencé. Je prenais du bon temps avant de reprendre avec ces cours suicidaires que l’Institut nous faisait suivre. Arrivé juste au niveau de la statue du grand homme en costume bleu, je vis devant moi une fille, une fille ? Non ! Je dirais plutôt une fée ou du moins c’est ce que je voyais à travers elle. A mes yeux, elle brillait comme une étoile du printemps et je ne pouvais pas m’empêcher  de la fixer pendant un bon moment. Depuis, je n’arrivais plus à penser à une autre fille à part  cette dernière. Etait-ce l’ange qui  m’emmènera au paradis, ou le démon qui me dirigera vers les chemins de l’enfer ? Face à cette question, je dois avouer que je suis moi-même perplexe et perdu. Mais je ne savais pas comment faire pour la revoir. J’ignorais complètement tout d’elle. Il fallait la revoir à tout prix. Etait-t-elle à la Faculté ou à l’institut ? Je suis Cyriaque, de toutes les façons cela ne m’échappera pas.

Juste quelques jours plus tard, j’avais mes premières informations. Je pouvais foncer. Mais un problème se posait toujours. J’avoue que je n’avais pas pensé à ce détail. Selon mes sources, c’était la jeune Melissa en 1ère Année de philosophie. La plupart du temps quand je suis libre, elle est en cours et c’était vice versa. Il fallait que je m’arrange pour trouver une solution. Mais que faire ? La question restait posée. Aux grands maux, les grands remèdes dit-on. Comme toujours, mes sources étaient là. J’avoue que je suis plutôt doué dans ces affaires-là. Je réussis à avoir le contact de cet être là, mon ange ou mon démon, j’en savais rien, cet être dont le visage me hantait tous les jours à compter de ce jour difficile à oublier où je l’ai aperçue pour la première fois pendant qu’elle avançait du côté du grand portail du campus avec sa démarche, cette démarche, la démarche que j’arrive à reconnaître même dans la nuit noire. Était-ce lâche de ma part de prendre son contact dans ces conditions ? Je n’en sais rien et j’avoue que j’assume. Un soir, près du terrain de Basket juste à côté de l’amphi de Sciences naturelles, loin de tout bruit, moment idéal pour un appel du genre, je me donnai le courage de composer pour la première fois le numéro de Melissa. J’avoue que j’étais tout bizarre. Qu’est ce qui pouvait bien expliquer ce sentiment ? Sûrement ce que je me suis permis le luxe de ressentir. Peut-être bien que cela ne dépendait pas de moi peut-être bien que si, de toutes les façons j’avais ma part de responsabilité dans ce gouffre dans lequel ignorant que je suis, pauvre de moi, je me  plongeais. Le téléphone sonna longtemps, encore et encore. La fée finit par décrocher. Juste à entendre le son de sa voix, j’étais comme emporté dans les airs par une force étrange qui avait su prendre possession de mon être en ce moment-là. J’eus ma toute première conversation avec elle. J’avoue que c’était loin d’être un gâteau mais ce n’était pas mal non plus pour un début, je ne pouvais pas m’attendre à mieux. Ce soir-là, sa condition sanitaire n’était pas des plus bonnes aussi elle insistait pour connaitre la personne qui était à l’autre bout du combiné et celui qui avait donné son contact. Je me présentai comme la coutume  de la galanterie l’exige, je ne suis pas aussi nul si c’est ce que vous pensez. Mais en ce qui concernait ma source, vous aussi, c’est impossible, cela ne se fait pas. Je ne pouvais pas la révéler. Je réussis à la convaincre à remettre cette question à plus tard. Vous ai-je déjà dis que je suis plutôt doué dans cet art ? Je ne crois pas mais ce qui est vraiment bizarre, c’est que l’on a du mal à me convaincre moi ! Vous croyez que c’est ma faute ? Quitte à vous de penser ce que vous voulez. C’est vrai qu’elle n’était pas facile à convaincre mais je vous épargne les détails.  Plus tard dans la soirée, je lui envoyai un petit texto électronique pour lui souhaiter une prompte guérison. Pour moi, c’était un grand début mais pour quoi ? En réalité je ne saurais le dire, le début de mon enfer ? Je n’irai pas jusqu’à dire cela. Les jours qui suivirent, je l’appelais juste pour discuter avec elle, juste pour entendre le son de sa voix et avoir de ses nouvelles en ce qui concernait sa santé bien sûr. Ça alors ! Cyriaque pensait de nouveau à une fille ! Je ne pouvais plus le nier, je pensais vraiment à elle, c’était une évidence. Mais c’était juste un début. C’est du moins ce que je me disais. La semaine qui a suivi, on échangea par Short Message System et par appels. Je l’appelais et elle de son côté m’écrivait quand elle le pouvait et moi je lui répondais bien évidemment, vous connaissez ce sentiment qu’on a en ce moment précis peut être mieux que moi. Ne cherchez surtout pas à le nier, on se connaît bien voyons !